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Le mécanisme et le cadran de l'horloge de l'église d'Orgelet

Extrait du dossier "patrimoine industriel patrimoine industriel du Jura" réalisé par Laurent Poupard, Tiphaine Guillou du service de l'invetaire de la Région Bourgogne - Franche-Comté

HistoriqueMécanisme de l'horloge de l'église d'Orgelet

D'après l'inscription gravée sur son bâti, le mécanisme d'horloge a été fabriqué en 1685 à Morbier par les frères Mayet : Jean-Claude, Pierre, Claude et Petit Pierre. Il remplace une horloge réalisée par Claude Rémond dit la Lime, de Cousance, suivant un marché d'un montant de 400 F passé le 9 novembre 1655 et totalement honoré en 1658 ou 1659 (la peinture du cadran extérieur faisant l'objet du marché du 7 juillet 1659). Cette horloge ayant été volée par les Français en 1674, une quête est organisée fin 1683 pour réunir l'argent nécessaire à son remplacement. Le marché est passé le 10 avril 1684,moyennant 633 livres, entre Jean-Claude Mayet d'une part, la commune représentée par Donneux (maire), Joseph Tardyet Denys Chapuis d'autre part.

Le 22 ou 23 juillet 1685, les Mayet livrent le mécanisme, qui est ensuite installé par Claude Duez (d'Orgelet), Pierre Michaud (de Largillay) et Claude Perrin (des Bouchoux). Ces derniers semblent aussi remettre en place la cloche naguère fournie par Rémond. Le  29  brumaire  an  II  (19  novembre  1793),  François  Gay  (de  Gigny)  est  missionné  pour  descendre  deux  des  cloches destinées à être fondues et transformées en canons. Il doit aussi remplacer la girouette "qui est au dessus de la tourelle" par "un bonnet de la Liberté ou une girouette aux trois couleurs", et faire disparaître la fleur de lys fixée sur l'aiguille des heures (cette dernière est actuellement ornée d'un soleil, d'un nuage et d'une lune à profil humain).

Le  bâti  porte  également  les  initiales  I.H.I.  et  la  date  1809,  qui  correspond  vraisemblablement  au  remplacement  de l'échappement à roue de rencontre par celui en place : un échappement à chevilles.Désaffecté  en  1983,  le  mouvement  a  été  remplacé  par  un  mécanisme  électrique  de  la  société  Bodet  (de  Trémentines,Maine-et-Loire), fondée en 1868. Présenté de 1983 à 1996 au musée du Temps (à Besançon), il a ensuite été ramené à Orgelet pour être exposé dans la mairie. Depuis 2014, il est visible à l'entrée de l'église.

Inscription sur la mécanisme de l'horloge de l'église d'Orgelet

Description

Cadran de l'horloge de l'église d'OrgeletLe mécanisme est formé d'une cage en fer forgé, dont les montants sont assemblés par des clavettes. Cette cage accueille quatre modules, chacun actionné par un poids en fonte (disparu) dont la corde, longue d'au moins 25 m (la hauteur dechute des poids), s'enroulait sur un tambour en bois de résineux, partiellement creusé d'une spire servant à faciliter songuidage. Le module avant droit (l'avant étant défini comme la face portant l'inscription) sert au partage du temps à l'aided'un échappement à chevilles, dont la roue est en laiton. Les trois autres modules commandent les sonneries, déterminéespar un système de cames. Chacune des trois cames ou roues de compte est constituée par une roue en fer forgée dont lacirconférence est munie d'encoches. L'espacement entre ces encoches détermine le nombre de coups qui seront frappés.Les deux modules de gauche sont dédiés à la sonnerie des heures (indiquées sur chaque roue de compte par 12 plaquesen laiton) et le dernier (arrière droit) à celle des quarts d'heure (4 plaques en laiton). L'heure est indiquée par une aiguille unique sur le cadran placé à mi-hauteur du clocher, au nord. Ce cadran carré, en bois peint (apparemment formé de sept planches verticales), porte dans un cercle les nombres de I à XII (séparés par des motifs tréflés) ; il est orné d'un motif végétal dans chaque écoinçon.

ANNEXE

Extrait du registre des délibérations par Louis Laurent Laurent

9 novembre 1655 : marché passé avec Rémond "A été faict rapport par le sieur mayeur qu'à la participation de plusieurs du conseil il avoit été faict marché pour un horrologe et pour la fonte d'une cloche pour iceluy... avec maistre Claude Rémond, dict La Lime, de Cousance, pour prix et somme de 400 francs, à iceluy de fournir la fonte, aux conditions pourtées par les lettres dudict marché faictes et passées par devant notaire."

1er mai 1656 : baptême de la cloche de l'horloge "L'on a choisy pour parrain de la cloche pour l'horrologe le sieur Michaille, mayeur, et pour marraine mademoyselle lalieutenante." (l'épouse de Claude Jacquard, lieutenant général au bailliage.)

2 octobre 1656 : "De mesme sera interpellé Claude Rémond de parachever l'horrologe incontinent avec mesme protestation, au cas qu'il n'y satisfasse sera contraint de sa personne."

5 janvier 1658 : "Sera mandé maistre Claude Rémond de Cousance, dict La Lime, pour parachever l'horrologe."

7 juillet 1659 : peinture du cadran "A esté faict rapport à ce conseil par les sieurs mayeur et échevins... qu'ils ont faict marché pour faire peindre la montrede l'horrologe en la meilleure sorte qu'il se peut pour le prix de 40 francs à un peintre estranger estant venu en cesteville, ce qui a esté approuvé par le conseil." Au mécanisme de l'horloge sont donc associés une cloche qui sonne les heures et un cadran avec aiguille qui les marque. La mise en place a été laborieuse mais dès 1659 tout paraît bien au point. En 1674, les Orgelétains ayant accueilli des partisans comtois, les troupes françaises en quittant la ville emportent l'horloge enreprésailles (le cas n'est pas unique).

27 septembre 1683 : quête pour une nouvelle horloge "A esté proposé à ce conseil que comme dès longtemps l'on avait parlé de trouver quelques moyens pour faire unehorloge entièrement nécessaire à la ville sans que l'on aist résolu aucune chose sur ce faict et comme plusieursparticuliers se sont offert de donner gratuitement quelques sommes il estoit bon de résoudre de faire une queste par laville par les commis qui seroient choisys... il a esté délibéré que la queste seroit faicte par les sieurs Tardy et Petitjean et pour aller avec eux sera prié monsieur le vicaire de les ayder."

10 avril 1684 : marché avec Mayet "Au conseil est vu acte reçu par le sieur Perraud, notaire, marché de l'horloge faict par le sieur Donneux, mayeur, lessieurs Joseph Tardy et Denys Chapuis avec Jean Claude Mayet de Mourbié, maistre horloger, pour le prix et somme de 633 livres."

25 juillet 1685 : mise en place "En ceste assemblée il a esté déclaré que l'horrologe qu'on avoit marchandée l'année passée aux maistres de Morbierestoit arrivée il y avoit deux ou trois jours, pour ce qu'il convenoit non seulement le poser mais aussy regarder si l'ondevoit monter dans l'impériale du clocher la cloche sur laquelle battait autrefois et avant les dernières guerres l'horlogeque les ennemis avoient pris et enlevé pendant les mesmes guerres et d'ailleurs adviser s'il y avoit quelques risques dansceste entreprise." Visite est faite par Claude Duez d'Orgelet, Pierre Michaud de Largillay et Claude Perrin des Bouchoux. Ils feront letravail pour 100 francs comtois.

13 septembre 1685 : difficultés de paiement. Le maître horloger fait "de grandes instances pour avoir payement de la somme de 233 livres qui reste du prix de l'horrologe." Le sieur Rebour, receveur des revenus, a déclaré "qu'il n'y avoit pas de deniers pour y satisfaire et que sil'on en doutoit, il estoit prest de faire voire sa recepte et sa despense par devant commis qu'il plairoit lui bailler à cest effect."

"Il a été délibéré que l'on prendroit dans la fabrique les offrandes qui y sont et que l'on les bailleroit audict maistrehorrologier sur et à bon compte de ladicte somme et que pour le payement du surplus l'on luy feroit un mandement surle fermier de l'encavage et paneterie."

29 brumaire an II (19 novembre 1793) : enlèvement de la fleur de lis. François Gay, de Gigny, a été choisi pour descendre deux cloches à livrer au district pour les besoins de la République. "L'adjudicataire sera en outre tenu d'enlever l'aiguille de l'horloge et de la replacer convenablement après en avoir faitdisparaître la fleur de lys qui marque les heures, d'enlever de même la girouette qui est au dessus de la tourelle et demettre à la place un bonnet de la Liberté ou une girouette aux trois couleurs au gré des vents en tôle peinte à l'huile.

Catherine Lecuyer, candidate à la Mairie du 8e arrondissement de Paris

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