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Le collège du XVIe siècle au milieu du XIXe siècle

Le collège d'Orgelet, baptisé récemment Michel Brezillon, existait déjà au XVIe siècle. Ne le fréquentaient alors que les fils de bourgeois et quelques habitants qui désiraient acquérir des notions élémentaires : lecture, écriture, calcul pour les plus riches et connaissance du français et du latin pour les plus doués qui pouvaient ainsi poursuivre des études dans les Universités. Au XVIIe siècle, le collège existe toujours mais il n'a que deux classes : la grande tenue par le principal régent ou principal (même titre qu'aujourd'hui), et la petite, par un régent.

L'enseignement au XVIIe siècleA cette époque, la ville ne dispose pas de maison pour installer définitivement le collège et on enseigne dans les chambres louées à des particuliers si bien qu'il est difficile de trouver des maîtres qui veulent y enseigner et que l'inconfort de ces pièces, leur exiguïté, leur insalubrité provoquent de violentes protestations.

Au début du XVIIe siècle, grâce aux efforts des municipalités, le collège est logé d'abord dans l'Hospice des Caqueins, inoccupé, puis après 1715 dans la vieille tour abandonnée, servant autrefois d'hôtel de ville. La rue du Collège, au bas de la place au Vin, rappelle encore cette époque. Le collège comporte alors trois classes, car la population de la ville a grandi donc les effectifs sont plus nombreux et surtout les bourgeois sont de plus en plus conscients de la valeur de l'instruction.

En 1802 après le Concordat, le préfet institut les Orgeletains de la nouvelle organisation des écoles secondaires où l'on pourra reprendre les exercices religieux alors les conseillers désirent qu'une telle école soit établie dans la localité et en 1807 une école secondaire avec pensionnat est créée. Et les extraits du Mémorial de 1807 nous renseignent sur son fonctionnement.

L'ancien couvent des Bernardines à OrgeletElle occupe une partie de l'ancien couvent des Bernardines désaffecté depuis la Révolution de 1789. Cet établissement « encouragé » par le zèle et la protection de l'administration municipale, vient d'être confié à trois professeurs. Le directeur est professeur des deux premières classes est M. Marechal, prêtre, ci-devant de l'Oratoire, ancien professeur dans les collèges de Marseille, Troyes et Vendôme ; le professeur des 3e et 4e classes est M. Combet, prêtre, principal de ce collège avant la Révolution, enfin celui des basses classes est M. Pidoux, depuis longtemps professeur de ce collège.

Et puis un bon coup d'encensoir, quand on affirme « que  es enfants trouveront dans cet établissement un asile contre la corruption des moeurs... » mais on oublie de mentionner que la discipline est stricte et que les élèves fautifs peuvent avoir pour pensum des devoirs supplémentaires mais aussi des punitions corporelles - le fouet par exemple - mais (quelle gentillesse !) « de corde ou d'osier seulement ». Cela n'est après tout qu'un incident de parcours vite oublié puisque les collégiens recevront tous les soins qu'ils pourraient trouver dans la maison paternelle.

La bonne intelligence entre les pensionnaires, la propreté sur leur personne, le bon ordre dans leurs effets, la douceur dans le caractère, la pureté dans les moeurs seront l'objet d'une attention particulière de la part des instituteurs. Leurs soins s'étendront spécialement aussi sur les devoirs que prescrit la religion, qu'ils regarderont toujours comme la base d'une bonne éducation.

Des précisions intéressantes sont données aussi sur les matières qui seront enseignées : d'abord la grammaire française, l'orthographe, la langue latine et les belles lettres ; et puis aussi l'étude de la géographie et en 3e on exercera les élèves aux quatre règles de l'arithmétique. Et l'ont détaille même les horaires : on apprend que la matinée sera consacrée aux belles lettres et à la perfection des langues latine et française ; que le soir sera employé à d'autres études qui réuniront à l'utile, l'agrément de varier les occupations des jeunes gens.

Pendant le premier semestre ils auront des leçons de logique et de morale. La classe du soir sera partagée entre les études et celle des mathématiques. Les cours commencent le 2 novembre après-midi et finissent à la Notre Dame de septembre, c'est-à-dire le 8.

André Jeannin
Article paru dans Le Progrès le 24 décembre 2000
 

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